Le coaching : vers une solution pour les Troubles Déficitaires de l’Attention avec Hyperactivité (TDAH)
« Georges, ces contrats doivent être bouclés pour figurer aux ventes de ce mois. N’oubliez pas non plus que nous avons une réunion demain matin à 9 heures. Ne soyez pas en retard, ce coup-ci. »
Georges était un excellent commercial, mais il risquait de perdre sa place, car il était trop pris par sa course d’un client à l’autre, pour effectuer les tâches administratives jusqu’au bout. Il ratait souvent les réunions. Son patron se rendait compte à quel point son énergie lui amenaient des clients. Cependant, il jugeait sa conduite revêche et d’une irresponsabilité infantile vis-à-vis de lui et de ses collègues de travail.
Ce que Georges ne voulait pas admettre et que son patron ignorait, c’est qu’il souffrait de Troubles Déficitaires de l’Attention et d’Hyperactivité (TDAH). Son côté hyperactif lui donnait une énergie énorme et d’enthousiasme pour aller de l’avant lorsqu’il faisait ce qui lui plaît: parler de ses produits ou rencontrer des gens nouveaux. Les troubles déficitaires provoquaient une déconnexion de son cerveau lorsqu’il devait faire quelque chose d’ennuyeux, comme remplir des formulaires ou participer à des réunions.
Les amis de Suzanne disaient qu’elle était « dérangée ». « M’man, le déjeuner n’est pas encore prêt? Je dois retourner à l’école! » « Suzanne, es-tu allée chercher mes costumes chez le teinturier? Que se passe-t-il avec toi? Tu es à la maison toute la journée et je dois pourtant m’occuper de tout! »
Suzanne n’avait pas la moindre idée de la manière dont la journée filait. Elle commençait à faire le ménage, mais semblait ne jamais rien finir. La vie passait à côté d’elle pendant que son esprit flottait sur les ailes du rêve. Ce qu’elle et son mari ignoraient, c’est qu’elle souffrait de troubles déficitaires de l’attention (TDA) sans hyperactivité. Ce type d’affection (sans hyperactivité) touche plus les femmes que les hommes et semble très différent du type hyperactif. Il est caractérisé par un faible niveau d’énergie, une tendance à la rêverie, des difficultés de concentration et de suivi dans les tâches.
Ce que Georges et Suzanne ont en commun, c’est l’inaptitude à se brancher sur le monde qui les entoure et à s’y comporter de manière efficace, car leur cerveau fonctionne différemment des cerveaux « normaux ». Ils rencontrent tous les deux des difficultés d’organisation, face aux paperasses, dans la gestion de leur temps et l’achèvement de ce qu’ils commencent.
Le TDAH est une différence neurologique dans le cerveau. Un cerveau TDAH peut être très efficace lorsqu’il suit une passion mais se ferme devant la monotonie du quotidien. Un traitement médical est utile pour certains, mais s’avère souvent insuffisant. Le coaching fournit un soutien et des conseils pour quiconque souffre de TDAH, mais plus précisément pour ceux qui ne veulent pas prendre de médicament.
Mes relations avec mes clients sont confidentielles. Georges et Suzanne sont donc des modèles-types, composés à partir des différents cas que je rencontre. En tant que coach spécialement formé pour travailler sur les TDAH, j’aide Georges et Suzanne à comprendre comment ces troubles affectent leur vie.
La difficulté de Georges, avec les tâches administratives, était l’oubli fréquent de récolter certains éléments relatifs à la vente, ou la perte de ses notes. De plus, les formulaires de contrat lui paraissaient confus. Après plusieurs séances où il fallut beaucoup le bousculer, Georges conçut un formulaire conforme à sa propre logique. Ce dernier lui permettait d’enregistrer toutes les données dont il avait besoin et il fut à même de fixer dans son agenda une date limite pour remplir ses contrats.
Il opposa une certaine résistance au début, néanmoins, avec mon soutien et mes encouragements renouvelés, il devint expert dans cette matière. Un jour, il comprit qu’il n’était pas un « méchant garçon », pour ne pas avoir fait ses devoirs: il s’était simplement mesuré à un cerveau magnifiquement créatif pour travailler avec des clients, mais pas conçu pour le travail administratif. A sa grande joie, il pouvait se détendre à la maison, parce que ses contrats étaient terminés. Il n’avait jamais réalisé combien le travail inachevé le vidait de son énergie et le rendait irritable.
Alors qu’il trouvait ses relations stimulantes et agréables avec les clients, il avait des problèmes relationnels avec ses collègues, ce qui est typique de ceux qui souffrent de TDAH. Souvent, les enfants dotés de systèmes d’attention erratiques n’apprennent pas les modes de communication essentiels au travail et à la vie en groupe.
Tout d’abord, Georges fut vexé : « Les gens devraient me prendre comme je suis! » Mais une fois les contrats maîtrisés, il se sentit plus détendu et vit qu’il serait peut-être utile de se tourner vers ses collègues avec un regard neuf. Je passais en revue avec lui les qualités nécessaires en société. Il décida qu’il avait besoin de travailler ses facultés d’écoute. Peu de temps après, il était bien parti. L’appréciation de ses collègues de travail pour le « NOUVEAU Georges » fit toute la différence.
Pour Suzanne, le ménage était l’enfer. Comme de nombreuses personnes atteintes de TDAH confrontées à une multitude de tâches, elle ne savait pas par où commencer ou comment continuer. Elle aurait démarré par la cuisine, serait passée à la salle de bains, puis au sous-sol. A la fin de la journée, rien n’était terminé, et Suzanne était épuisée.
Grâce au coaching, elle fut capable de faire l’inventaire de ce dont elle avait besoin et de tout stocker là où elle en aurait besoin. Elle fit également une liste de tâches établie par priorités pour chaque pièce. A l’aide de ces listes, elle fut capable de faire son ménage, sans avoir à planifier ni décider par quoi commencer. Une fois qu’elle fut capable de s’occuper du ménage, elle put passer en revue d’autres aspects de sa vie.
Lorsqu’elle rêvassait, Suzanne se créait un monde à elle. Elle pensait vaguement qu’elle aimerait écrire, mais elle n’avait aucune idée de la manière de s’y mettre. En écoutant Suzanne, je me rendis compte qu’elle était une conteuse née. Je lui suggérais d’écrire ses histoires mais elle éprouvait des difficultés à capturer ses pensées avec un crayon. Elle essaya de se servir d’un magnétophone, et se rendit compte qu’elle pouvait rêver à voix haute.
Je l’encourageais à poursuivre, mais elle était encore submergée par les nombreuses demandes auxquelles elle pensait devoir répondre. Nous avons travaillé sur son emploi du temps hebdomadaire, afin de dégager du temps pour qu’elle suive un cours d’écriture créative. Le soutien que lui prodiguèrent d’autres auteurs lui fournirent l’énergie d’aller de l’avant. Son premier recueil de nouvelles fut rapidement publié.
Pour la plupart des gens, les tâches auxquelles j’ai aidé Suzanne et Georges semblent insignifiantes et évidentes, mais elles sont typiques de ce qui rend la vie si difficile pour ceux qui souffrent de TDAH.
J’ai entendu parler des TDAH en 1997 seulement, mais depuis l’âge de 7 ans, je savais que j’étais différente des autres. Comme Georges, j’avais du mal dans mes relations avec les gens, et comme Suzanne, je ne pouvais même pas attaquer la montagne de mes corvées quotidiennes. J’appelais cela le syndrome de « l’embrayage qui patine ». J’ai constaté que le coaching était un appui constructif et positif, qui évitait la culpabilisation du genre « Ya Ka », si caractéristique de ceux qui ne comprennent pas les TDAH.
Maintenant que je suis un coach TDAH qualifié, j’aide mes clients à voir combien les TDAH ont pris le contrôle de leur vie. Je les aide à trouver et à apprécier leurs forces créatives qui, tout comme pour Georges et Suzanne, sont souvent masquées par la distraction. Ensemble, nous construisons des structures et des schémas de routines pour remettre de l’ordre dans le chaos journalier. Grâce à nos rendez-vous hebdomadaires, souvent par téléphone, mes clients apprennent à rester concentrés sur les objectifs qu’ils ont choisis et à poursuivre leur cheminement jusqu’à ce que leurs rêves aboutissent.